Sébastien: Un mec en jupe

Je ne sais pas trop par où commencer.

Mon orientation sexuelle et mon choix de vie sont très liés, et sont venus de manière très progressive…

Je n’ai pas toujours été le mec en jupe et talons hauts. Ce n’est que très récemment que j’ai pu assumer mes choix, depuis ma séparation avec mon ex-femme, avec qui j’ai partagé vingt ans de ma vie.

Ado, puis jeune adulte, j’étais très complexé, très timide aussi. Si la gent féminine me fascinait, je n’étais pas forcément à l’aise dans les vestiaires masculins ! Une certaine attirance pour certains camarades nus me troublait. Je rangeais ça au fond de moi : non, je ne pouvais pas être homosexuel, puisque je préférais les filles !

Par mon caractère, je me suis souvent senti proche des filles, au point que si je surmontais ma timidité pour les aborder, elles ne voyaient pas en moi un séducteur potentiel, mais plutôt un ami, un confident. De là, une certaine proximité avec elles, qui libérait leur parole avec moi. De discussions en discussions (ou j’étais le seul mec admis !), je me suis imprégné de leur liberté vestimentaire, de leur façon de regarder les mecs (plutôt mignon, celui-là, mais pas très fin !), de leurs petits et gros soucis. Je me mettais à penser comme une fille tout en étant garçon. Pas très facile à gérer, mais très riche d’enseignement, et très libérateur quand ce fut enfin assimilé !

Parallèlement, je découvris le travestissement (très partiel !), au cours d’une soirée de rigolade avec des amis. Cependant, je découvris aussi autre chose : je me sentais bien ainsi habillé. Je me sentais moi, entier.

Homme dans mon corps, mais femme par certains côtés.

Je ne pouvais cependant pas vivre ainsi. J’avais encore trop de préjugés en moi, et trop de préjugés autour de moi. Ce n’était qu’en cachette, avec une certaine honte, que je pouvais ainsi m’habiller.

Un soir d’hiver, revenant à vélo d’une leçon d’auto-école, j’eus ma première expérience avec un homme. M’étant arrêté pour un besoin pressant dans un petit bois, un homme m’a abordé, me demandant si je voulais bien lui faire une fellation. Je me suis dit pourquoi pas, j’ai essayé, et me suis aperçu que j’aimais aussi ce contact viril. Cela à l’air sordide ainsi dit, mais ce fut libérateur.

Je me suis cependant encore longtemps demandé si je n’étais pas homosexuel, mais au final, non. Les quelques expériences que j’ai pu avoir par la suite me le confirmèrent : homme, femmes, j’étais attiré par les deux… Je découvris le terme de bisexualité plus tard, et compris que c’était ce que j’étais au fond de moi. Je l’appris à ma femme, qui, bien entendu, eu du mal à l’accepter. Mais la parole aidant, elle admit qu’elle ne pouvait rien y faire, et compris aussi que je l’aimais malgré tout. Elle savait que j’avais des aventures masculines, mais n’en dit mot, gardant pour elle mon amour.

Nous avons fini par nous séparer, récemment, pour des raisons toutes autres que ma bisexualité. De nouveau seul, je pus enfin retrouver une garde-robe féminine. Je me suis décidé à ne plus me cacher, et me sens entier. Paradoxalement, je me sens plus séduisant en jupe : une relation particulière s’installe avec les femmes, et pour les mecs, un tri se fait d’office. Je sens certains regards gourmands qui se posent sur moi et les savoure.

Regards d’hommes, regards de femmes, regards ouverts, surtout.

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